La SNANC vient d’être publiée. Familles Rurales salue la reconnaissance officielle des enjeux sanitaires, sociaux et climatiques liés à une alimentation saine et durable. Mais sans action structurelle sur les prix, l’accès à cette dernière restera un privilège pour trop de consommateurs. Un angle mort que dénonce Familles Rurales qui saisit l'Autorité de la concurrence sur la base de son observatoire des prix 2025.
Communiqué de presse - Paris, 12 février 2026
Stratégie Nationale Alimentation Climat : Quid de l’accessibilité économique ?
La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) vient d’être publiée. Familles Rurales salue la reconnaissance officielle des enjeux sanitaires, sociaux et climatiques liés à notre alimentation. Mais une question centrale demeure sans réponse : comment garantir concrètement l’accès économique de tous à une alimentation saine ?
Sans action structurelle sur les prix, l’accès à cette dernière restera un privilège pour trop de consommateurs. Un angle mort que dénonce Familles Rurales.
Nourrir une famille de quatre personnes conformément aux recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) représente un budget de 1314€ mensuels pour un panier bio, 800€ pour un panier en conventionnel. En renonçant à la diversité des produits et en isolant les moins chers, il en coûtera au minimum 539€. C’est 40% des revenus mensuels d’un ménage au RSA et 19% de ceux d’un ménage disposant de 2 SMIC. Autant dire, une mission impossible pour les plus de 11 millions de personnes en situation de précarité alimentaire.
En cause : les mécanismes de formation des prix et, en particulier, la péréquation des marges opérée par la grande distribution. Les données publiques disponibles montrent que :
- Les fruits et légumes ont généré +247 millions d’euros de résultat net en 2021 pour la grande distribution, compensant les pertes d’autres rayons : - 65 millions d’euros pour celui de la viennoiserie / pâtisserie ;
- Les producteurs ont vendu 12,5 milliards d’euros de fruits et légumes ; les consommateurs les ont payés 22,7 milliards au détail sans transformation industrielle.
Ces écarts interrogent la répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire et appellent une réponse structurelle. Or la SNANC n’intègre aucune mesure contraignante concernant la formation des prix ou la péréquation des marges.
Face à cette insuffisance et fort des résultats issus de son observatoire 2025, Familles Rurales a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence afin de demander l’ouverture d’une enquête sectorielle sur la formation des prix au sein des filières et la péréquation des marges dans la grande distribution alimentaire. Notre objectif est clair : analyser les mécanismes économiques à l’œuvre et leurs conséquences sur l’accès des consommateurs à une alimentation saine.
Par ailleurs, Familles Rurales rappelle avoir proposé en octobre 2025, avec d’autres collègues associatifs, une mesure opérationnelle, concrète et immédiatement applicable : imposer à la grande distribution la vente à prix coûtant de 100 produits recommandés par le PNNS. Plutôt que de multiplier les engagements volontaires, cette proposition sans impact négatif pour les finances publiques permettrait de garantir concrètement l’accessibilité économique de produits essentiels à la santé. Les données disponibles sont constantes : ce n’est pas l’alimentation saine qui coûte trop cher mais son accessibilité qui n’est pas garantie.
Selon Familles Rurales, parler transition alimentaire sans agir sur les mécanismes économiques revient donc à ignorer la réalité sociale. Garantir l’accès à une alimentation saine n’est pas une option politique, c’est une exigence sociale et environnementale.
Contact presse :
Niki Vouzas - Tel. 06 49 49 75 17 - niki.vouzas@famillesrurales.org