Suppression de l’universalité des allocations familiales : la politique familiale vaut mieux qu’un tour de passe-passe !

29 septembre 2017
Familles Rurales soutient la création d’un système plus redistributif et est ouvert à toute réforme allant dans ce sens. Mais cette réforme ne doit pas se résumer à un nouveau coup de rabot sans vision globale. Le Mouvement craint que l’annonce de cette piste soit un artifice utilisé par le gouvernement pour faire passer sa réforme de l’impôt sur la fortune qui coûtera 3,5 milliards d’euros au contribuable.

La majorité parlementaire LREM a fait connaître sa volonté de mettre fin à l’universalité des allocations familiales en les supprimant pour une partie des familles. L’universalité, principe hérité du Conseil National de la Résistance et garant de la cohésion sociale, déjà mise à mal par la précédente modulation des allocations, disparaîtrait purement et simplement.

Si Familles Rurales soutient la création d’un système plus redistributif et est ouvert à toute réforme allant dans ce sens, cela ne doit en aucun cas passer par un nouveau coup de rabot sans vision globale. Le Mouvement craint que l’annonce de cette piste soit un artifice utilisé par le gouvernement pour faire passer sa réforme de l’impôt sur la fortune qui coûtera 3,5 milliards d’euros au contribuable. Ainsi, on laisserait penser qu’en prenant 30 euros dans la poche de français gagnant 3000 euros par mois (6000 pour un couple), les cadeaux fiscaux destinés aux 1% des plus riches seraient compensés !

La politique familiale mérite mieux qu’un tour de passe-passe. Une véritable réflexion est nécessaire. Familles Rurales défend une politique familiale fonctionnant sur deux piliers : l’universalité, avec la création d’une allocation unique issue de la fusion entre le quotient familial et les allocations familiales et des prestations sous conditions de ressources, destinées à soutenir les plus modestes (Paje, complément familial, ARS…). L’universalité assure la cohésion sociale et ne doit pas être remise en cause. Il s’agit d’apporter une aide basée sur le fait d’avoir des enfants et non de différencier les familles, la redistribution étant assurée par les prestations modulées.

En redirigeant les 3,5 milliards d’euros prévus pour la suppression de l’ISF vers une telle réforme, nous parviendrions à établir un système beaucoup plus juste, progressif et redistributif (le quotient familial bénéficiant peu aux classes moyennes et populaires). Cela permettrait de relancer la consommation en redonnant véritablement du pouvoir d’achat aux ménages, ponctionnés de 70 milliards d’euros depuis 2011.

Familles Rurales souhaite que le gouvernement et la majorité engagent une large concertation pour ouvrir la voie à une réforme ambitieuse et équilibrée de la politique familiale.