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L'historique du mouvement

En réalité, il existait bien avant cette date un Mouvement Familial émanant de diverses origines.
 

Avant la guerre, la nécessité de se défendre était clairement apparue aux familles. A une époque où n’existaient pas encore les Prestations Familiales, où la Sécurité faisait son apparition balbutiante, où les familles comptaient souvent un nombre d'enfants important, il n'était sans doute pas facile d'équilibrer les budgets. Un autre élément devait être pris en compte, c'est la dignité des gens souvent bafouée dans le travail (développement de l'industrialisation et du travail à la chaîne, pauvreté des familles agricoles, etc...) et dans la vie quotidienne.

Parmi les associations existantes, citons la Confédération Générale des Familles nombreuses.

C'est sous l'impulsion de ce Mouvement (provoquée par les diverses associations) que sera écrit le "code de la famille" en 1939.

Puis, l'occupation vint modifier complètement la vie du pays.

Le 2 décembre 1940, la loi crée la Corporation Paysanne et dissout tous les organismes professionnels agricoles existants. Elle a pour objet de rassembler toutes les forces rurales Française, encore essentiellement agricoles à cette époque. Il s'agit de faire de la paysannerie un élément essentiel de la rénovation rurale.

Il existe cependant, au travers de cette loi, une menace réelle d'étatisme.

Les fondateurs du Mouvement Famille Rurale veulent défendre la famille rurale : d'un côté, se situer par rapport au Ministère de la Famille et non plus seulement par rapport à celui de l'agriculture ; de l'autre, participer au Centre de coordination des Mouvements familiaux qui vient d'être créé.

En 1941, naît le Centre National de la Famille Rurale, sous l'impulsion "d'un certain nombre d'agriculteurs Pères de familles et Dirigeants professionnels". Ce sont des gens qui sont engagés à la fois dans des Syndicats et Offices professionnels, mais également au sein de la Mutualité agricole et de Mouvements confessionnels.

Le C.N.F.R., dans l'esprit de ses fondateurs, devait être un groupement familial ayant sa place parmi les autres Mouvements familiaux. Celui-ci pourrait s'appuyer sur les structures régionales et locales de la Corporation Paysanne.

Le 29/12/1942 est publiée la loi Gounot du nom du Ministre de la famille. Cette loi prévoit la constitution d'Associations Familiales semi-publiques sur le plan local, régional et national (une sorte de pré-UNAF).

Le C.N.F.R. décide de ne pas boycotter le projet mais, au contraire, d'investir les associations et, notamment, par la formation des cadres.

Compte -tenu de la réussite du Mouvement familial Rural, du nombre d'Associations et du nombre de suffrages, l'U.D.A.F. offre la place de 8 membres à son Conseil d'Administration composé de 27 personnes.

Il est aussi question d'un rapport qui sera présenté l'après-midi même à l'Hôtel de ville de Niort lors du Congrès départemental de la famille.

"Ce rapport fait ressortir les inégalités et les injustices entre exploitants agricoles et artisans ruraux et les salariés qu'ils soient agricoles ou artisanaux. L'Assemblée est unanime pour protester de la façon la plus énergique et demande que cette question soit portée devant les Pouvoirs Publics. Il est indéniable qu'il faille une parité absolue entre tous les Français en fonction de leurs charges familiales, que les allocataires soient citadins ou ruraux, salariés ou travailleurs indépendants".

Les années 50 voient le Mouvement se stabiliser et diminuer son nombre d'associations et d'adhérents. Les budgets successifs se rétrécissent, les associations paient de moins en moins bien leurs cotisations.

Pourtant, de nombreuses "ruches" ont été créées et il est symptomatique que l'on trouve peu de trace de leur création et l'on en parle le 11/12/1960 au même titre que Travailleuse familiale ou Maison Familiale d'Enseignement, comme des activités "para-familiales". C'est ainsi qu'une cooptation d'administrateurs a lieu au Conseil d'Administration du 14/05/1961 au titre de la Fédération des Aides Familiales Rurales, au titre des Ruches de vacances, au titre de la Vulgarisation ménagère.

Fin 1944, le C.N.F.R. devient la Confédération Nationale de la Famille Rurale, délibérément rurale (et pas seulement agricole) et pluraliste. C'est le véritable point de départ de notre histoire fédérale. Sous le slogan "une association familiale par commune", elle lance le Mouvement et très vite naîtront des centaines d'associations.

Moins de deux années après fin 1944, se crée en DEUX-SEVRES la Fédération de la Famille Rurale. Sous l'impulsion de quelques personnes, à l'instar des pionniers nationaux, il se déclenche un Mouvement comme le demande très explicitement une lettre datée du 29 JANVIER 1946.

L'Assemblée constitutive est convoquée par lettre du 14 MARS 1946.

Hubert BELLIARD, lors du premier Conseil d'Administration qui a suivi en est élu Président.

Nous sommes au lendemain de la guerre et il faut sortir au plus vite de la situation de pénurie dans laquelle elle a plongé le pays. L'agriculture a un rôle prépondérant à jouer, il faut nourrir la population.

Lors du Conseil d'Administration du 28/11/46, nous apprenons qu'une coopérative de consommateurs, coop de la Famille Rurale du Poitou et des Charentes, vient d'être fondée. Son but principal : "Aider tous les familiaux groupés au sein d'associations familiales rurales dans la recherche d'articles utilitaires nécessaires à leur foyer".

La Fédération des Deux-Sèvres compte alors 11 Associations. Quelques mois plus tard, elle compte 33 (le 17/03/47) ; le 15/04/47 : 53 ; le 11/03/48 : 121 ; le 12/06/49 : 125 qui représentent 2.968 familles.

Les cantons de Bressuire et de Secondigny ont particulièrement réussi, puisqu'ils comptent une A.F.R. dans chaque commune du canton. Et on apprend dans le compte rendu de l'Assemblée Générale du 12 juin 1949, qu'ils ont réussi à créer une Ecole agriculture sur Bressuire et une Ecole ménagère sur Secondigny.

Sans rentrer dans les détails, il semble bien que ce soit les "ruches de vacances" que nous appelons aujourd'hui C.V.L., qui ont contribué à maintenir fermement ancrées les A.F.R. dans notre département. Cette activité correspondait bien à la réponse de besoins en matière de loisirs pour les enfants ruraux. "Les ruches" ont été le précurseur des centres aérés qui se sont généralisés par la suite.

D'autres associations sont peu à peu tombées en désuétude dans les années 60, une cinquantaine subsiste et ce chiffre a peu varié depuis lors.

Un nouvel élan est cependant impulsé à cette même époque pour répondre à une catégorie de plus en plus importante de la population rurale : les personnes âgées. Le Service Aide-Ménagère se structurera progressivement.

Une énergie importante va se dépenser en réflexion autour du vieillissement et des aides à apporter.

Il se crée de nombreux clubs de retraités. Il y en aura jusqu'à 50 de fédérer par la Fédération dans les années 70. Quelques années plus tard, ils rejoindront pour la plupart la Fédération des Clubs ruraux (la cotisation étant moins importante).

De 70 à 72, il faut signaler un projet de la Fédération de la Famille Rurale qui aboutit à la mise sur pied d'une Maison Familiale de Vacances à la Tour d'Auvergne. Les nouvelles générations ont peut être oublié, ou ne savent pas que l'Association Sèvre et Dôme a été générée par la Famille Rurale. Cette Maison fonctionne bien et accueille familles et groupes.

 

En 1974, une étape importante est franchie. Le Mouvement répond à sa première crise identitaire. La Famille Rurale n'existe plus telle qu'elle pouvait se définir juste après la guerre. Son caractère unitaire, lié à l'agriculture et dans le fait qu'elle était porteuse de valeurs morales et culturelles particulières, éclate quelque peu par le fait d'une diversité grandissante. La famille agricole devient de plus en plus minoritaire.

Le Mouvement prend pour dénomination A.F.R. et F.D.A.F.R..

 Cependant, l'action auprès des retraités et personnes âgées s'intensifie et au début des années 80 est créé le premier Service de soins du département des Deux-Sèvres sur le canton de Mauléon.

A la Fédération, un poste de coordonnateur sur le secteur gérontologique du bocage est créé.

Puis, le journal "VIVRE EN DEUX SEVRES", voit le jour. Il devient progressivement une revue crédible sur tout le département et citée par les Elus.

Cette période est une période faste pour la Fédération qui développe également une action Petite Enfance qui se poursuit encore aujourd'hui. En 1983, 6 Permanents travaillaient à la Fédération ; de nombreux projets voient le jour sur les différents secteurs d'activités.

La période que nous traversons en ce moment confirme les nombreux changements qui se manifestent dans le milieu rural. Certains n'hésitent pas à prononcer le mot "révolution". Il n'y a plus "un" milieu rural, mais "des" familles rurales. Les mentalités ont évolué, la culture également.

Depuis sa création, les Associations Familiales rurales n'ont cessé de s'adapter pour coller au mieux à la réalité. Le nouveau logo - la nouvelle appellation - les nouveaux statuts... sont le signe qu'une ère nouvelle s'ouvre devant nous avec le CONGRES D'OCTOBRE 93.

 Dans le même temps, nous revenons résolument vers le "local" et un "local global".

Un "local" auquel nous voulons impulser un développement où nous voulons que les familles jouent plus que jamais leur rôle.

Mais n'est-ce pas une gageure que d'affirmer avec le titre de notre Congrès qu'elles sont une "chance pour demain" ?

 

A nous de répondre maintenant à cette question dans les mois qui viennent.