
Depuis plusieurs années, Familles Rurales de la Sarthe s’implique concrètement dans le domaine de la prévention en luttant notamment contre l’isolement et le silence qui enferment l’entourage des personnes suicidées. La souffrance de ce deuil lié à une mort brutale déséquilibre les proches, mettant parfois en péril leur santé physique et psychologique. Jusqu’alors, dans le département, il n’existait pas de service organisé pour accompagner les familles particulièrement exposées au risque de reproduction du suicide. Depuis, Familles Rurales propose des groupes d’entraide et de soutien spécialement dédiés à cette population.
Des rencontres régulières, en petit comité, ont lieu entre personnes endeuillées par le suicide d’un membre de leur famille, d’un voisin, d’un collègue de travail, d’un ami. Ces temps d’échange permettent à chaque participant d’exprimer sa détresse, ses inquiétudes, ses incompréhensions. Un dispositif qui aide les personnes à franchir, à leur rythme, les différentes étapes du deuil.
Ces groupes de parole sont animés par une salariée de la fédération départementale, formée à cet accompagnement spécifique et qui bénéficie de la supervision régulière d’un psychologue. Entre 2001 et 2005, 80 rencontres ont eu lieu dans deux villes du département : Le Mans et Sablé-sur-Sarthe. Une permanence téléphonique est également mise à la disposition des familles qui ressentent le besoin de parler de leurs angoisses, de leur peine.
Familles Rurales a fait de la sensibilisation des enfants aux accidents de la vie courante une priorité. Depuis plus de dix ans, des bénévoles interviennent dans les écoles pour apprendre aux 5-7 ans à connaître les dangers de la maison et à acquérir les bons réflexes pour les éviter.
Pour Monique Mabilot-Gras, la présidente de la fédération départementale, «les enfants d’aujourd’hui sont les adultes et les parents de demain. Il est donc primordial de les éduquer dès maintenant à cette question. C’est très important si l’on veut que le nombre d’accidents de la vie courante diminue sensiblement en France dans les années à venir.»
Ces interventions durent environ une heure, un laps de temps suffisant pour faire le tour des principaux dangers qu’ils sont susceptibles de rencontrer dans leur vie quotidienne : à la maison, dans le jardin, sur le chemin de l’école, pendant leurs loisirs... Le discours est adapté aux enfants, concret et émaillé d’exemples. Après un échange entre le bénévole, les élèves et l’institutrice, l’heure est au jeu, tous ensemble. Un jeu de l’oie géant sur ce thème est utilisé pour faire réagir les enfants à des situations de la vie courante.
«Le jeu est la formule idéale, estime Marina Cortassa, responsable des bénévoles. Cela permet de les intéresser tout en faisant passer des messages essentiels. Car il y a encore aujourd’hui beaucoup trop d’accidents qui surviennent au domicile des familles. Des accidents qui pourraient très bien être évités si elles connaissaient mieux les risques.»
En fin de séance, un petit fascicule récapitulant les principaux dangers de la maison est laissé aux enfants qui le ramènent chez eux. Un bon moyen pour Familles Rurales de pouvoir toucher également les parents, de les sensibiliser eux aussi et ainsi de faire d’une pierre deux coups.
