
Depuis une dizaine d’années, à Jonchery-sur-Vesle, les enfants du village et des alentours bénéficient de l’aide aux devoirs, en complément de l’accueil périscolaire. Ainsi, chaque soir de la semaine, après le goûter, ils retournent à l’école pour réviser leurs leçons dans une classe avec deux des animatrices. En moyenne, entre 10 et 20 élèves du CP au CM2 y participent.
Mais Familles Rurales a souhaité pousser la démarche un peu plus loin, en ciblant son action également sur les élèves ayant des difficultés ponctuelles pour acquérir certaines connaissances de base comme la lecture, les opérations... Depuis quatre ans, ils peuvent ainsi compter sur les bénévoles de l’association pour les aider à progresser. Il s’agit là d’un accompagnement plus spécifique et à la carte en quelque sorte puisque son contenu s’adapte totalement à l’enfant et à la nature de ses lacunes. Par ailleurs, il peut s’étendre, selon les besoins, sur un mois comme sur toute la durée de l’année scolaire.
En 2006, 7 élèves ont ainsi été suivis par une dizaine de bénévoles de tous âges, retraités pour moitié, qui se relaient selon leurs disponibilités et leurs compétences. Cette initiative produit de bons résultats, comme le reconnait volontiers l’équipe enseignante de l’unique école de la commune. Cette action, comme d’ailleurs l’aide aux devoirs, est en effet menée en étroite collaboration avec elle.
Avant d’entamer chaque accompagnement, un contrat est signé entre les parents, la responsable de Familles Rurales, la directrice et bien sûr l’enfant. Ce dernier connaît ainsi le rôle de chacun et prend conscience de l’importance de son investissement dans la réussite du projet. Des réunions régulières sont ensuite organisées entre tous les acteurs afin de faire le point sur les avancées.
A Pontlevoy, tous les soirs de la semaine, des retraités aident les enfants de la commune à faire leurs devoirs, au sein de l’accueil périscolaire. L’idée est née en 1994.
De nombreux élèves de CP fréquentaient alors l’accueil périscolaire mis en place par l’association locale. Mais ayant davantage besoin de soutien que leurs aînés, ils avaient tendance à monopoliser l’animatrice au moment des leçons. Pour la dégager de la traditionnelle page à lire du soir, l’association locale Familles Rurales a imaginé demander à de jeunes retraités d’accomplir cette tâche.
Aujourd’hui, ils sont une dizaine à jouer ce rôle de répétiteur, des femmes pour la plupart. Ce qui permet aux élèves du cours préparatoire d’être accompagnés d’une autre manière dans leur apprentissage de la lecture, avec une approche différente de celle de l’école et de la maison, souvent plus détendue. Pendant ce temps, les «grands» travaillent en autonomie et dans le calme désormais.
En bref, une façon utile pour les aînés d’occuper leur temps libre et un moyen de favoriser les rencontres entre les générations. Ainsi, de véritables liens se créent avec les bénévoles. A l’occasion de la fête des grands-mères, les enfants ne manquent de leur offrir un petit cadeau ou de leur faire un dessin quand l’un d’entre elles est malade.
A Riec-sur-Belon, la crèche «Les Pitchounets» a intégré dans son projet d’établissement une action passerelle conduite en partenariat avec l’école de la commune. Ainsi, chaque année au printemps, les «grands» de la crèche (soit 4 à 6 enfants) vont à la rencontre de la petite section de maternelle. Il s’agit pour les enfants de faire connaissance avec le professeur qui les accueillera en septembre, de visiter l’établissement et de prendre quelques repères dans leur future classe. Sur toute cette période, des activités ponctuelles sont partagées, dans l’objectif de familiariser l’enfant avec l’école.
L’intérêt majeur de l’expérience tient à l’adaptation progressive et individualisée des enfants à l’école. En effet, dés la rentrée, les nouveaux élèves seront scolarisés le matin mais retourneront à la crèche l’après-midi et ce, le temps nécessaire à l’adaptation de chacun. Tous n’éprouvant pas les mêmes besoins au même moment.
C’est une démarche éducative à laquelle les parents adhèrent, dans la mesure où ils sont pleinement associés. En effet, il leur est proposé d’être accompagnateurs des visites à l’école, et par conséquent de nouer un contact privilégié avec l’enseignant qui saura les rassurer et les mettre en confiance. Mais surtout ce sont eux qui évaluent à quel moment ils estiment leur enfant prêt à franchir le pas.
